Jean Bosco Ndungo Manzekele

Inline image 1

Jean Bosco Ndungo Manzekele


Jean Bosco Ndungo Manzekele est un entrepreneur agropastoral. Depuis son enfance, il a toujours rêvé de pratiquer l’agriculture professionnelle. Son rêve est en train de se concrétiser après avoir fait la photographie et le commerce ambulatoire en ville de Butembo.

Ngebo, en périphérie du quartier Bukano en cité de Lubero, chef-lieu du territoire du même nom. Sur son lopin de terre, Jean Bosco Ndungo Manzekele, casquette sur sa tête, donne quelques instructions à ses travailleurs. Ici, depuis 2010, l’homme dispose de 38 hectares pour faire l’agro-business. Sa ferme est divisée en deux. 25 hectares pour l’agriculture et le reste pour l’élevage. Ce matin de vendredi, l’agronome Roger Kalyoto, l’un des 9 agents permanents de cette ferme, applique le fongicide sur des plants de pomme de terre d’un mois. Sur un champ de 25 ares, deux variétés y ont été plantées. Valimunzigha I et Kaniki ont été obtenues à Bikara où il y a un multiplicateur semencier. Jean Bosco voudrait aussi devenir multiplicateur semencier afin d’approvisionner les paysans de la région de Lubero en semences de qualité car, ici, s’observe la dégénérescence des semences des variétés locales. Pour cela, et c’est une demande à IFDC, Jean Bosco Ndungo Manzekele se propose de cultiver sous serre pour la macro-propagation.

De la photographie à l’agro-business

Fils de cultivateur, Jean Bosco Ndungo Manzekele rêve d’agriculture dès son jeune âge. Après la pédagogie générale à l’institut Lwanga de Mulo, il s’installe à Butembo. Là, il embrasse la photographie et le commerce. Afin de ne pas couper le cordon avec son rêve, il cultive le haricot sur les parcelles qu’il achète avec le bénéfice de ses activités commerciales. « Depuis l’année 2000, je rêvais de pratiquer une agriculture professionnelle. Ce qui est fait car cette année, je convertis mes parcelles urbaines en grands champs en milieu rural. En 2005, je m’abonne à Spore, le magazine bimestriel du CTA, conseil technique agricole et rural. Dans chaque numéro de ce magazine, je trouvais suffisamment d’inspiration et de motivation pour aller de l’avant en lisant les témoignages des autresagriculteurs.Et du journal Wakulima Amkeni je trouve des expériences des agriculteurs de la région », affirme-t-il. Ainsi, en 2010, dans le même magazine, il tombe sur un article traitant d’agrobusiness. Ce qui le pousse à convertir toutes ses activités en activités agropastorales. Après avoir lu un article sur la chaîne de valeur, il se procure une unité de transformation de farine de maïs. Le maïs usiné vient de son propre champ ou de ceux des membres de l’association de développement pour l’alimentation au Kivu, ADAK, dont il est membre fondateur. Sur leurs champs, les membres de cette association pratiquent la rotation des cultures non sans difficulté car faisant usage du « livre sans maître ».

Apport d’IFDC

En août 2014, déclic. A la foire agricole, à Butembo, où il expose sa farine de maïs, Jean Bosco Ndungo Manzekele est touché par les exposés sur l’agro-business. Selon lui, les agents d’IFDC parlaient d’agriculture plus professionnelle avec la gestion intégrée de la fertilité du sol. Une solution facile à appliquer tant il dispose de fumier à volonté grâce aux nombreuses bêtes qu’il élève sur ce sol de Lubero qui a vieilli. A Ngebo, il a 34 chèvres de race améliorée, 39 à Musokya/Mulo, 50 à Kitunze/Mambasa ou encore 30 à Mutundi I/Musienene. Avec 5 porcs sur ses 4 stations à côté de 86 vaches, il élève bovins, caprins et porcins pour avoir un accès facile au fumier et approvisionner la ville en viande. Comme il lui est permis de rêver, Jean Bosco Ndungo Manzekele projette de produire du fromage de vache et de chèvre. Pour cela, l’un de ses techniciens a suivi 2 fois une formation à Bukavu sur le plan d’affaire et le plan financier dans le cadre du programme « shape and lead » d’IFDC. A Ngebo, aussitôt plantée, la pomme de terre est traitée pour lutter contre le mildiou. Ici, on utilise le tripsacum comme fourrage et comme haie antiérosive. Tsutsanga Farm, son entreprise, entend rayonner à l’horizon avec la collaboration d’IFDC. En attendant, il faut transmettre le savoir. Des paysans louent des parcelles ici, des sortes de champs-écoles où ils bénéficient des conseils de l’agronome. Le paysan coupe le fourrage, le donne au vétérinaire qui en produit la bouse avec l’élevage. La bouse est ensuite remise au paysan comme engrais organique. S’il y a des travailleurs permanents, il y a aussi des temporaires comme ces 3 jeunes filles, élèves à l’institut Tuadibishe de Mulo, travaillant dur pendant ces grandes vacances pour financer leurs activités scolaires.

Article de Jean-Baptiste Musabyimana

SOURCE: http://agriprofocus.com/profile/5764

Aboubacar ‘Pastoria’ Sylla

Inline image 1

Aboubacar ‘Pastoria’ Sylla

Guinée – Communications and training responsible at Fédération des Organisations Paysannes de la Basse-Guinée (FOP-BG)

FOP-BG is a member-based organisation for farmers, fishermen and salt workers living in eight prefectures of Basse Guinée.

FOP was established with the aim of defending the interests of its more or less 70.000 individual members, who organised themselves in groups, unions and cooperatives.

Moreover, FOP wants to strenghten the capacities of its member organisations, to achieve this FOP has for example initiated several literacy projects for its members. Radio Rural is another initiative of FOP. With this radio station FOP wants to make communication possible between the different member organisations, radio programmes are  used as a tool for sharing information and raising awareness about different issues.

SOURCE: https://masterclassifaj2010.wordpress.com/participants-eng/

Souleymane Ouattara

Inline image 1


Souleymane Ouattara

Burkina Faso – Coordinator of Jade (Journalistes en Afrique pour le Développement)

Jade Burkina is part of Jade Africa, a professional association of journalists specialised in multimedia production, publication and communication for development, and training. Jade is a network active in 15 African countries.

Jade Burkina is active since 1994, following its acknowledgement as an association by the government administration.   The association consists mainly of journalists, but the network  opens up to other communication professionals, such as designers, traditional communicators, literacy facilitators in national languages etc.

In two regions in Burkina and in southern Mali, Jade supports, through the “rural communication and sustainable development”  programme, rural radios and community radios.  In Mali Jade experiments with using the internet to enrich the content of the “sigida yeelen” magazine about the environment,  that is produced with radio Kéné and indigenous communicators based in the villages.


SOURCE: https://masterclassifaj2010.wordpress.com/participants-eng/

Jean-Baptiste Musabyimana

Inline image 1


Jean-Baptiste Musabyimana

DRC – Agricultural journalist for FOPAC (Fédération des Organisations des Producteurs Agricoles du Congo)

FOPAC represents the organisations of agricultural producers in DR Congo.  Since 2002, the federation started working on structuring these organisations, starting in the provinces of North and South Kivu in the east of the country. During a 2007 meeting with representatives of all farmers organisations of all provinces, FOPAC was given the mandate to start a national movement. In the meantime, organisations in other provinces also started their structuration with guidance and advise of FOPAC. Recently the Agricultural Code was adopted in the Senate, FOPAC presides the committee following the evolution of this code.

SOURCE: https://masterclassifaj2010.wordpress.com/participants-eng/

Jean Baptiste Lubamba

Inline image 1


Jean Baptiste Lubamba

DRC – Journalist and publication director of  “The Voice of the Congolese Farmer” newspaper

“The Voice of the Congolese Farmer” is a newspaper published by CENADEP (Centre National d’Appui au Développement et à la Participation Populaire). This newspaper was started as a response to the lack of information to be found in the Congolese media on the issue of agricultural development and on agricultural politics. “The Voice of the Congolese Farmer” gives farmers organisations a forum to express their points of view and to share information and experiences..

CENADEP is a Congolese NGO, established in 1999, and operational since 2000. CENADEP is based in Kinshasa, but has branches in different provinces. In Bas Congo, Province Orientale and Sud Kivu these branches are already  fully operational, in the provinces of Maniema, Bandundu and Katanga, the branches are still being established. If there is no branch established yet, CENADEP will work closely together with other civil society structures.

SOURCE: https://masterclassifaj2010.wordpress.com/participants-eng/

Dr. Mukhisa KITUYI

Inline image 1

Dr. Mukhisa KITUYI

Secretary General, United Nations Conference on Trade and Development

Dr. Mukhisa Kituyi, of Kenya, who became UNCTAD's seventh Secretary-General on 1 September 2013, has an extensive background as an elected official, an academic, and a holder of high government office. He also has wide-ranging experience in trade negotiations, and in African and broader international economics and diplomacy. Dr. Kituyi served as a researcher at Norway's Christian Michelsen Institute from 1989 to 1991, and as Programme Director of the African Centre for Technology Studies in Nairobi from 1991 to 1992. He was elected to the Kenyan Parliament in 1992, and was twice re-elected. He was Kenya's Minister of Trade and Industry from 2002 to 2007.

During this period, he chaired for two years the Council of Ministers of the COMESA and the African Trade Ministers' Council. He also served as chairman of the Council of Ministers of the African, Caribbean and Pacific (ACP) Group of States, and was lead negotiator for Eastern and Southern African ministers during the European Union-ACP Economic Partnership Agreement negotiations. He was convenor of the agriculture negotiations carried out at the World Trade Organization's Sixth Ministerial Conference held in Hong Kong, China in 2005.

Immediately prior to becoming Secretary-General, Dr. Kituyi was Chief Executive of the Kenya Institute of Governance, based in Nairobi. The Institute is a think tank and advocacy organization that focuses on linking academic research and the development of public policy.


SOURCE: http://tds.ictsd.org/event-speakers/dr-mukhisa-kituyi

Mutegi Njau


Inline image 1
Mutegi Njau 
Mr. Mutegi Njau is a senior editor with the Royal Media Services, one of the largest and most popular radio and TV stations in Kenya. Royal Media Services has 13 local vernacular radio stations, two national radio stations, one in English and the other in Swahili. The company’s TV station: Citizen TV is the best rated television station in Kenya. Mutegi Njau is the leading investigative journalist in the station. He doubles up as the in-house training editor and is in charge of journalistic ethics and libel and defamation issues for the company. Mutegi retired from the Nation Media Group in 2005 having worked there for 24 years. He has participated in the Global Integrity project being the reporter for Kenya for two consecutive years. He also took part in ICIJ's Collateral Damage project and wrote the story for the East African region.


SOURCES: 

Naupess Kibiswa

Inline image 1
 
Naupess Kibiswa
Il aura tenu pendant une semaine. Naupess KIBISWA, professeur à l ISTM Kinshasa ( Institut Supérieur des techniques médicales) et ancien secrétaire général du syndicat national des agents de la santé ( SYNCAS) a décidé de mettre fin à sa grève de la faim. A travers ce mouvement, le professeur gréviste revendiquait le paiement de ces arriérés de salaire de sept mois. Contacté par Infos Grands Lacs, il justifie sa décision par la visite des responsables des confessions religieuses qui lui ont exhorté à reprendre la vie normale. Les hommes d’ églises ont promis d’ accompagner le syndicaliste dans sa démarche au près du gouvernement. Naupess KIBISWA qui a tenté de faire un sit- in la semaine passée devant l’ office du premier ministre a été victime de brimades aux mains des policiers affectés à la primature. Mercredi, le Prof KIBISWA s’ est rendu à son poste de travail mais il plaide également pour le dédommagement de la famille d’ un infirmier, membre de son syndicat qui s’ est immolé à Gemena, dans la province de l’ Equateur, toujours pour un dossier de revendications salariales. Naupess KIBISWA est au micro de Jean Pierre KAYEMBE, correspondant IGL à Kinshasa.
 
Kinshasa: Un syndicaliste suspend sa grève de faim

Fred Bauma

fred_bauma_1
Fred Bauma

Libéré fin août après plus de 17 mois de détention, Fred Bauma, icône de la Lutte pour le changement (Lucha), s’est confié lundi à Jeune Afrique. Pour cette première interview depuis sa libération provisoire, le militant pro-démocratie revient notamment sur les conditions de sa détention et la position de son mouvement sur les questions chaudes de l’actualité congolaise.

Arrêté à Kinshasa le 15 mars 2015 lors d’un atelier de sensibilisation sur la démocratie et le respect, Fred Bauma est devenu le visage des mouvements citoyens pro-démocratie en RD Congo.

Militant au sein de la Lutte pour le changement (Lucha), mouvement très actif dans l’est du pays, le jeune homme de 26 ans a été inculpé, avec son camarade Yves Makwambala, entre autres, d’« appartenance à une association armée dans le but d’attenter aux personnes et aux biens », d’« avoir comploté contre la vie ou contre la personne du chef de l’État » et d’« avoir troublé l’ordre public ». Tous les deux ont été libérés (provisoirement) le 29 août à la suite d’une « mesure de décrispation politique » annoncée par le garde des Sceaux congolais.

Jeune Afrique : Quelles ont été vos conditions de détention pendant ces 17 mois de prison à Kinshasa ?

Fred Bauma : Nous avons d’abord été détenu dans un cachot de l’Agence nationale de renseignement (ANR) dans des conditions difficiles. Là-bas, nous n’avions pas droit à la visite de la famille ni à celle de mes avocats. Nous étions sujets à des menaces quotidiennes de la part de certains agents de l’ANR. Ces derniers nous promettaient des fois la mort. Nous étions sous une telle pression psychologique que nous nous demandions si nous n’allions pas finir par craquer ou devenir fous.

Puis, nous avons été emmenés au Parquet où des conditions de détention se sont encore détériorées. Si nous avions désormais de la visite des avocats, nous n’avions plus d’endroit spécifique pour dormir tellement la cellule était étroite. La corruption y régnait en maître. On nous proposait par exemple de payer des sommes allant jusqu’à 200 dollars pour pouvoir dormir dans un couloir ou en plein air.

Enfin, nous avons été conduits à Makala. Les conditions y étaient également difficiles. Mais lorsque l’on a été détenu dans les cachots de l’ANR, Makala apparaît au début comme un paradis. On pouvait circuler dans les couloirs, regarder la télé, recevoir de la visite de la famille, des amis et des avocats. Jusqu’à ce que l’on découvre le côté « enfer » de cette prison. Un environnement dangereux avec une absence totale d’État. En fait, Makala, c’est comme la RDC en miniature : désordre, corruption, exploitation des détenus par d’autres qui ont un certain pouvoir, absence de rééducation. Des jeunes qui y entrent en sortent plus criminels qu’à leur arrivée. C’est un véritable centre criminogène.

Jeune Afrique : Grâce à une « mesure de décrispation politique, vous avez été libéré fin août après plus de 17 mois de détention. Êtes-vous satisfait de cette libération provisoire ?

Je suis content d’être dehors après ces 17 mois de détention. Mais je pense qu’au lieu d’une libération provisoire, le gouvernement devrait abandonner complètement ses poursuites contre moi et les autres camarades de la Lucha, voire aussi celles contre d’autres militants qui ont été contraints à l’exil. Puisqu’il est clairement établi que c’est un dossier politique, les charges n’étant fondées sur rien de concret. Nous avons été libérés mais nous trouvons dans une insécurité judiciaire : le gouvernement peut décider à tout moment de réactiver les poursuites.

Votre libération provisoire est intervenue au lendemain de la rencontre à Goma entre la Lucha et le président Joseph Kabila. Beaucoup se sont interrogés sur l’opportunité de cette réunion, soupçonnant un arrangement entre votre mouvement et le chef de l’État. Y-a-t-il eu un deal ?

Il n’y a pas eu de deal entre la Lucha et le président Kabila. Nos amis l’ont rencontré à sa demande et ne font qu’apporter au chef de l’État toutes nos revendications, lesquelles sont par ailleurs publiques à travers nos différentes communications. Ils ont également abordé d’autres questions saillantes de l’actualité, notamment le processus électoral, les massacres à Beni et le désir du peuple de voir une alternance politique à la fin de cette année. Ils n’ont rien négocié. Le président leur a promis de libérer les membres de la Lucha et d’autres détenus politiques et d’opinion sous 48 heures.

En revanche, beaucoup de citoyens mais aussi les chancelleries, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme et des ONG nationales et internationales, notamment Amnesty International, Human Right Watch, ACAJ [Action congolaise pour l’accès à la justice], nous ont soutenus pendant notre détention. Certains militants de la Lucha ont été même arrêtés parce qu’ils exigeaient notre libération. Plusieurs personnalités ont également pris position en notre faveur. Toutes ces personnes et organisations sont les vrais héros de notre liberté.

Pourquoi la Lucha a finalement décidé de ne pas participer au « dialogue politique national inclusif » en cours à Kinshasa ?

Il est important que la classe politique congolaise se mette ensemble pour parler notamment du processus électoral. Et ces discussions doivent être franches et inclusives. Elles doivent se tenir dans un environnement serein. C’est pourquoi depuis plusieurs mois nous encourageons les acteurs politiques à dialoguer. Mais les attitudes de ces derniers aujourd’hui laissent à penser qu’ils n’ont pas réellement la volonté d’aller vers un dialogue constructif.

Tenez, du côté de la majorité au pouvoir, il y a cette stratégie de crisper et de décrisper à la fois la situation politique : pendant que l’on libère des personnes, l’on en arrête d’autres. Aujourd’hui encore, une dizaine de militants de la Lucha viennent d’être arrêtés à Bukavu parce qu’ils manifestaient contre la prime [en RDC, les parents versent des primes aux enseignants pour pallier les salaires insignifiants que perçoivent les enseignants, NDLR].

Le camp présidentiel a en effet cette tendance à créer des crises pour venir les résoudre par la suite et apparaître comme celui qui débloque des problèmes. Chaque jour, on entend également les déclarations de certains cadres de la Majorité présidentielle (MP) qui plaident ouvertement pour un troisième mandat du chef de l’État.

Du côté de l’opposition, on note aussi une certaine inconstance dans les prises de position, avec la multiplication des propos irresponsables. Beaucoup d’opposants s’inscrivent dans une logique de positionnement, loin des objectifs assignés par la résolution 2277 du Conseil de sécurité au dialogue politique.

Dans ces conditions, les intérêts personnels risquent de primer sur l’intérêt général. C’est pourquoi nous estimons que notre place est à l’extérieur pour jouer le rôle de la sentinelle. Nous ne comptons pas organiser des manifestations contre le dialogue, mais nous allons rester éveillés quant aux conclusions de ces pourparlers qui ne doivent pas violer l’esprit et la lettre de la Constitution, notamment dans ses dispositions qui incitent à l’alternance d’ici fin 2016. À la fin de l’année, nous attendons donc de pied ferme un nouveau président. Nous ne voulons pas entendre d’une transition à l’issue du dialogue. Ce serait très malheureux pour la démocratie dans notre pays.

Que préconisez-vous si la présidentielle n’est pas tenue dans les délais constitutionnels, soit d’ici le 27 novembre ?

La Loi fondamentale a prévu des mécanismes de passation de pouvoir au cas où la présidentielle n’est pas organisée dans les délais : le président du Sénat peut être amené à faire l’intérim. D’autant qu’il est inconcevable qu’une transition soit conduite par les mêmes dirigeants qui ont tout fait pour bloquer le processus électoral. Ce serait accepter leur stratégie, mise en place pour se maintenir au pouvoir.

Que pense la Lucha des préalables du Rassemblement de l’opposition, rangée derrière Étienne Tshisekedi, qui exigent la libération des prisonniers politiques et la cessation des poursuites contre Moïse Katumbi avant sa participation éventuelle au dialogue ?

La libération des prisonniers politiques et d’opinion relève du respect même des droits humains. C’est au-delà même d’un simple préalable. À Makala, j’ai rencontré des dizaines de prisonniers qui devraient être libérés depuis longtemps. Certains avaient bénéficié de la loi d’amnistie mais sont toujours en détention. Le gouvernement doit donc répondre favorablement à cette exigence du Rassemblement de l’opposition.

Concernant le cas de Moïse Katumbi, nous considérons que c’est un acteur politique important dont l’absence au dialogue pourrait avoir une incidence sur le caractère inclusif de ces pourparlers. Si le pouvoir veut vraiment d’un dialogue inclusif, il doit mettre en place des mécanismes pour que l’ancien gouverneur du Katanga [province aujourd’hui demembré] rentre sereinement au pays. Surtout lorsque l’on sait qu’il y a eu plusieurs implications politiques lors de sa condamnation : la juge a avoué qu’elle a subi des pressions. Pis, on ne peut pas parler de « décrispation du climat politique » en instrumentalisant la justice pour obtenir la condamnation des opposants.

Que vous inspire la désignation du docteur Denis Mukwege comme « porte-voix » du mouvement citoyen Filimbi et du Front citoyen 2016 ?

C’est une très bonne chose. À la Lucha, nous avons beaucoup de respect envers le docteur Mukwege. Son combat est très important non seulement pour les femmes qui sont violées depuis plusieurs années à l’Est mais aussi pour la démocratie. Il dispose d’un poids et d’une aura qu’il peut mettre au service de la nation pour parler de droits des femmes, du droit du peuple congolais à la démocratie et à l’alternance. Mukwege n’est pas seulement le porte-voix de Filimbi, il est celui de toutes les personnes qui subissent l’injustice à l’est du pays.

Jeune Afrique

SOURCE: http://24hcongo.net/actualites/la-une/fred-bauma-lucha-attend-de-pied-ferme-nouveau-president-rdc-a-fin-de-lannee/

Shawn Samoisy

Inline image 1

Shawn Samoisy

Leading and inspiring change and making outstanding impact in the lives of young people in Mauritius.


Barely 17 year old, Shawn planned and organized a Leadership Training Conference where he tutored and trained 200 young people on leadership principles. He also organized two evangelical programs in his local community, notorious for its organized crime, and had about 400 young people in attendance.
An outstanding impact of these programs is the marked reduction of the crime rate in his community, as many of the culprits have been transformed by his message. Shawn’s influence in his nation has steadily been on the increase as he’s now regularly invited to Conferences across Mauritius to teach other young people and inspire their greatness. With a heart for people, he also organizes healing programs in hospitals in his local community every week, where he shares God’s love and prays for the sick and hurting. Shawn Samoisy is setting the standard for life and living in his country and is a star to watch out for.

Vano Kalembe Kiboko

Vano Kalembe Kiboko, a United Methodist lay evangelist, prays in civilian prison in the Democratic Republic of Congo. He led hundreds of people to Christ while in prison himself. UMNS photo courtesy of the Rev. Kiboko I. Kiboko.

UMNS photo courtesy of the Rev. Kiboko I. Kiboko
Vano Kalembe Kiboko, a United Methodist lay evangelist, prays in civilian prison in the Democratic Republic of Congo. He led hundreds of people to Christ while in prison himself.
A political dissident who led a prison revival is now free in his native Democratic Republic of Congo after 16 months behind bars — the past four in a military prison.
Vano Kalembe Kiboko — a United Methodist lay evangelist, businessman and former congressman in Congo — was detained on what the watchdog group Human Rights Watch called “trumped-up charges.”That all changed May 5, when authorities released Kiboko.
For his sister — the Rev. J. Kabamba Kiboko, a member of the Texas Conference who also serves on the Judicial Council, The United Methodist Church’s top court — his 492 days in prison made her feel like both of them were in a deep pit.
“I felt trapped, but I was in prayer, and that’s where he and I were together, strong together,” she told United Methodist News Service. “I felt when he was low and I could feel it when God was comforting him. God was comforting me, too.”
The Rev. Kiboko believes she and her brother experienced the same pain during the imprisonment. “We are connected,” she explained. “You would think that we are twins, but we are not. I feel his pain and he feels mine.”
Her brother’s release, she said, occurred after he pointed out mistakes in the judgment against him to a judge. “He fought and he won,” she added.
She has since encouraged her brother to secure visas to visit his doctors in the United States, Belgium and South Africa. “Spiritually, he’s very strong… but his health is not good,” she said, noting that he thinks he may have been exposed to a slow poison while in prison.
South Congo Area Bishop Kainda Katembo, who appointed Vano Kiboko a lay evangelist in July 2014, said he and other United Methodists “thank God he has been released.”
“There have been many, many prayers from the church,” he said.
Arrest and revival
Vano Kiboko was arrested Dec. 29, 2014 by the country’s secret service. His arrest came after he publicly denounced the Dec. 8 shooting of a woman, who was engaged in a nonviolent protest. During the same press conference, Kiboko said the country should not amend its constitution to allow President Joseph Kabila to run for a third term in 2016.
On Sept. 15, a court sentenced Kiboko to three years in prison for “incitement to racial hatred, tribalism and spreading false rumors.” His family and human rights advocates disputed the charges.
Even in prison, Kiboko continued to follow his call as an evangelist. Like Paul and Silas, he witnessed to Christ’s liberating grace. He preached each week and his family brought food for a communal Agape feast. Through this ministry, more than 700 in the prison made a profession of faith at these services, and Kiboko, with his bishop’s blessing, baptized more than 300. The prisoners called the work Vano Ministries.
But in January this year, the government transferred Kiboko to a military prison, where he faced more restraints. He no longer could evangelize or aid his fellow prisoners.
His siblings never ceased their advocacy for Vano Kiboko’s release, urging United Methodists to contact their national leaders to help secure their brother’s release. They were particularly concerned that their brother was not receiving needed medical attention for his diabetes and other ailments.
The United Methodist Board of Global Ministries, the denomination’s missions agency, also advocated on Kiboko’s behalf. A mission agency staff member visited Kiboko in prison in May last year.
Other United Methodist leaders in the international community have been quietly working in the background as well.
“We are immensely relieved and grateful to hear about Vano Kiboko’s release,” said Thomas Kemper, the agency’s top executive.
“Throughout his jail faith journey, Global Ministries prayed for him, visited him in prison and engaged in a constructive dialogue on his behalf with DRC leaders, both political and religious leaders. Above all, Vano’s resilience kept his faith and hope alive as he became a blessing to so many of his fellow prisoners.”
By Heather Hahn
May 9, 2016 | PORTLAND, Ore. (UMNS)
Hahn is a multimedia news reporter for United Methodist News Service. Contact her at (615) 742-5470 or newsdesk@umcom.org. Linda Bloom contributed to this report.
SOURCES:
 

Bill Lovell

1955 Bill Lovell and his Mother and Father Eloise and Marshall Lovell standing in front of their home at Wembo Nyama. Photo courtesy of Bill Lovell


Bill Lovell 


Reflections of life as a child of missionaries in the Belgian Congo

PHOTO: 1955 Bill Lovell and his Mother and Father Eloise and Marshall Lovell standing in front of their home at Wembo Nyama. Photo courtesy of Bill Lovell.

I was 18 months old in 1940 when I arrived in the Belgian Congo, and 18 years old when I returned to America in 1957.

My parents, the Rev. Marshall and Eloise Lovell, were missionaries with the Board of Missions of The Methodist Church. My first language was Otetela, a Bantu language spoken in the Kasai Oriental Province in the Democratic Republic of Congo. I still speak the language today.

I was influenced by the Otetela culture and moved by the inspirational and vibrant preaching of Otetela preachers.

My parents and I visited Tunda where my Uncle (the Rev.) Eugene and Aunt Mildred Lovell and their children lived. Tunda is in the forest region and located near the Lomami River, where wild game and fish were plentiful.

Mose Ngandjolo, an evangelist and district superintendent, was traveling to Tunda on his motorcycle one day when a lion began to run after him. When he arrived at Tunda there were marks of the lion’s claws on the back fender of his motorcycle. There was a service of thanksgiving to God for saving his life.

As I was about to leave in 1957, I felt called to be a missionary among the Otetela people. I was given a copper battle-axe by Bishop John Wesley Shungu, the first elected Congolese Bishop, who said, “Go and tell people that this was once an instrument of death and war, but it is now a symbol of change which Christ has brought to us through the good news. Go and never forget your upbringing, and come back soon.”

I felt God calling me to continue the work my parents and others had begun.

The Congolese churches were becoming self-sufficient, relying less and less on financial aid and they were multiplying. The educational system —  started and supervised by the church — was producing future leaders of the country and church. The infrastructure of the country was working well, with mail delivery each week, roads that were regularly maintained, daily short wave radio connection with all other mission stations as well as overseas, hospitals serving the needs of people and offering good medical care with pharmacies stocked with essential medications, and dental care.

There were also scholarships for the best graduates of high school to go elsewhere for college education. I realized that my call to be a missionary would require that I be prepared to serve alongside the Congolese in different ways than my parents.

1954 Wembo Nyama, Mildred, Gene Jr. and Rev. Eugene Lovell. Photo courtesy of Bill Lovell

1954 Wembo Nyama, Mildred, Gene Jr. and Rev. Eugene Lovell. Photo courtesy of Bill Lovell

The Congolese no longer needed preachers as missionaries, they had excellent preachers. But the Congolese church needed a continued partnership with churches in America and Europe in order to meet the goals they set for themselves.

My wife, Beverly, and I applied to be missionaries to Congo among the Otetela people while we were attending United Methodist Duke Divinity School in Durham, North Carolina. Because of my background and knowledge of the language, I was not interested in serving as a missionary anywhere else.

We were accepted and decided to wait for the hostilities in the Wembo Nyama area to cease before beginning our missionary life in Congo. Our two children were born and the rebels continued to torment the people of the region. Missionaries were all evacuated, including my parents and uncle and aunt.

In 1964, my Uncle Eugene Lovell and four other missionaries were held under armed house arrest at Wembo Nyama for 90 days. They were finally evacuated though the help of the United Nations. After all this, we delayed our decision to go to Congo until peace was restored.

We decided to support the work of The Methodist Church in Congo by speaking to churches in the Tennessee Annual Conference — where I was to begin my ministry — about the challenges and mission needs in Central Congo.

This we have continued to do all these years.

When I graduated from High School at Central School for Missionary Children at Lubondai, my uncle and aunt gave me a special gift. They invited me to go with them into the Kivu region of Congo to see an area of Congo I had never seen before.

We traveled from Tunda to Bukavu by car making one stop at Shabunda, a mission station of another denomination and at one other place before arriving at this beautiful city on the shores of Lake Kivu. We had a wonderful time together and stopped to enjoy delicious strawberries which could not be grown in our tropical climate, but which were in abundance in the higher elevation of the Kivu area.

My relationship with the church in Congo continues with weekly emails, support of the Theological School at Wembo Nyama through the Lovell Memorial Mission Trust Fund of Hermitage United Methodist Church in Hermitage, Tennessee, and through translating for church leaders when they come to Nashville and are invited to speak in churches of the area.

My occasional visits to the Democratic Republic of Congo have been times of spiritual renewal for me.

On my first visit back in 1987, when Bishop Onema invited me to preach at his three annual conferences, I had to do an extra amount of rehearsal of my sermons in the Otetela language. This involved receiving the assistance of Dr. Marcel Eluhu, a cardiologist in Nashville from Congo, as I went over every word of my sermons with him, so he could help me translate a few words and phrases I had forgotten.

Then on the plane to Congo, as all the other passengers were trying to watch the movies, I took out each sermon, from the manila folders, and preached them aloud from my seat so I would become more familiar with the language.

Some passengers seated next to me, starred at me in disbelief. When I arrived in Kinshasa and began to speak with Otetela speaking people, they couldn’t believe that I was a preacher. They remembered me, 30 years ago, as a mischievous missionary kid. They said, “If God chose you to be a preacher, God must have a very short memory.”

I have witnessed the faith, hope, and joy of people who have suffered much, and continue to believe that they are God’s beloved. To be in church in rural areas of Congo, and to hear the words of the extemporaneous prayers in the Otetela language, thanking God for tiny birds waking them up, and lighting up their paths with the light of sun; and thanking God for supplying all their needs. For me, an experience that brings tears to my eyes, as I think about the words I have often used in my prayers.

I will always think of the Otetela people as God’s beloved and not forgotten people.

The Rev. Bill Lovell is a retired pastor in the Tennessee Conference and editor of “100th Anniversary of the Methodist Church in Central Congo 1912-2013.”

News media contact: Kathy Gilbert, Nashville, Tenn., (615) 742-5470 or newsdesk@umcom.org.

SOURCES: http://www.umc.org/news-and-media/reflections-of-life-as-a-child-of-missionaries-in-the-belgian-congo

Floribert ANZULUNI ISILOKETSHI

Inline image 1

Floribert ANZULUNI ISILOKETSHI : Marié et fier papa d’un petit garçon, je suis passionné du Congo depuis mon jeune âge, des questions de développement, d’engagement des jeunes et de justice sociale, je mets depuis plusieurs années déjà mon engagement au service de la jeunesse congolaise de diverses manières.

Quelques semaines après l’obtention de mon diplôme en Sciences Politiques de l’Université de Montréal, en 2006, je retourne en RDC et y débute immédiatement ma carrière dans le secteur bancaire, d’abord dans la filiale congolaise « Standard Bank Congo » du Groupe bancaire Sud-Africain « Standard Bank » avant d’être recruté deux années plus tard par «Ecobank RDC »
filiale congolaise du Groupe bancaire panafricain « Ecobank Transnational Incorporated (ETI) », où j’ai gravi les échelons jusqu’à devenir Directeur des Risques de la filiale en 2011 à l’âge de 28 ans. Une carrière interrompue brutalement et illégalement à la suite des tristes évènements du 15 mars dernier.

Je suis également l’un des membres fondateurs du Forum national de la Jeunesse pour l’Excellence (FNJE), une organisation engagée dans les problèmes de la jeunesse congolaise, ainsi que de « Génération Congo », un « Groupe de réflexion » (ou think-tank) qui se penche sur les questions de l’émergence et du développement socio-économique de la République Démocratique du Congo. Je suis le coordonnateur actuel du collectif FILIMBI.



SOURCES: 

http://wakatinfo.over-blog.com/2015/08/sous-les-tirs-de-desc-filimbi-ekoki-ca-suffit-ca-ne-peut-plus-durer.html

http://www.jeuneafrique.com/227606/societe/rdc-filimbi-dr-les-de-r-volutionnaires/



Yangu Kiakwama

 Inline image 2Yangu Kiakwama : "Nous sommes des passeurs, des accoucheurs de démocratie"

INTERVIEW. Actuellement en exil, le porte-parole du mouvement citoyen Filimbi d'opposition à un 3e mandat du président Joseph Kabila frappe du poing sur la table.
PROPOS RECUEILLIS À BRUXELLES PAR 

C'est en marge du Forum de Gorée (Sénégal), coorganisé du 12 au 15 décembre dernier par la fondation allemande Konrad Adenauer, qu'a été constitué le Front citoyen pour la démocratie et l'alternance en 2016, communément appelé Front citoyen 2016. Ce front se bat pour l'alternance et la tenue notamment de l'élection présidentielle congolaise dans les délais constitutionnels. Il s'agit de faire échec aux tentatives du camp présidentiel de maintenir le chef de l'État, Joseph Kabila, à la tête du pays, après l'expiration de son deuxième et dernier mandat en décembre 2016. Le Front rassemble divers acteurs de la société civile, dont La Voix des sans-voix, l'Asadho et la Linelit, des mouvements citoyens tels que Filimbi et Lucha, des personnalités comme l'analyste politique Jean-Jacques Wondo, des opposants tels que Moïse Katumbi et divers partis politiques, dont L'Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d'Étienne Tshisekedi, L'Engagement pour la citoyenneté et le développement de Martin Fayulu et La Convention des démocrates chrétiens (CDC) de Gilbert Kiakwama. Le 19 décembre 2015, deux conférences de presse se sont tenues simultanément à Bruxelles (Belgique) et à Kinshasa (RD Congo), à l'initiative du Front citoyen, pour lancer le Front et présenter les grandes lignes de l'accord signé à Gorée par ses acteurs. Présidée par le mouvement citoyen Filimbi et divers acteurs de la société civile congolaise, la conférence de presse qui a eu lieu à Bruxelles a enregistré notamment la présence de Félix Tshisekedi de l'UDPS, de Vital Kamerhe et de Samy Badibanga (député, président du groupe parlementaire UDPS et alliés). À cette occasion, Yangu Kiakwama kia Kiziki, porte-parole du mouvement citoyen Filimbi (qui signifie coup de sifflet en langue swahili), s'est confié au Point Afrique.

Le Point Afrique : Pouvez-vous nous présenter le Front citoyen 2016 ?

Yangu Kiakwama : La situation politique de la RD Congo est préoccupante. Face à l'importance des enjeux démocratiques, il était important de constituer un front pour agir ensemble et être à la hauteur des défis. Le Front citoyen 2016 est une initiative citoyenne qui a commencé il y a plusieurs semaines, bien avant le Forum de Gorée. Il est le résultat d'un long travail de discussion entre tous les acteurs de la société congolaise dans leur diversité, aussi bien ceux des forces sociales que des formations politiques. Il s'est matérialisé en marge du Forum de Gorée, du fait de la présence de nombreux acteurs congolais à cette rencontre.

Pourquoi avoir choisi la date du 19 décembre pour organiser ces deux conférences de presse ? Et pourquoi Bruxelles ?

Il était important d'envoyer un message à nos compatriotes en RDC et à la diaspora, ainsi qu'à tous les amis du Congo et à ceux qui s'intéressent à la situation de notre pays. Le 19 décembre est une date symbolique. C'est le 19 décembre 2005 qu'a été adoptée par référendum, avec 85 % des suffrages exprimés, la Constitution congolaise. Dans un an, le 19 décembre 2016, prendra fin le mandat du président de la République qui a été investi le 19 décembre 2011. À cette date, il faudra qu'il y ait alternance et que le président Joseph Kabila cède le pouvoir à son successeur, quel qu'il soit.

S'agissant du Front citoyen, vous parlez d'un moment historique, et même d'un 3e moment historique ? Que voulez-vous dire ?

La RD Congo est une nation et un État en constitution. Les Congolais progressent sur deux plans : en tant que conscience d'être une nation et une communauté de destin et dans l'obtention et l'exercice de leurs droits. Le premier moment historique fort est 1960, quand nous accédons à la souveraineté d'État. L'indépendance est une victoire des Congolais. C'est un processus qui a commencé en janvier 1959 et s'est matérialisé lorsque tous les protagonistes réunis à la table ronde de Bruxelles en février 1960 ont exigé la libération de Patrice Lumumba qui était emprisonné. C'est le premier moment de sursaut national. Le deuxième moment historique est la constitution de la RD Congo en tant que démocratie. Il se situe en février 1991, quand, à l'initiative de l'Église, tous les Congolais se sont levés pour exiger la reprise de la Conférence nationale souveraine qui va permettre à notre pays de s'engager dans la voie de la démocratie. Aujourd'hui, c'est le troisième moment historique, qui vise à ce que tous les Congolais deviennent des acteurs de la démocratie. En d'autres termes qu'ils deviennent pleinement citoyens.

Ce troisième moment d'union nationale, incarné par l'accord de Gorée signé par les acteurs du Front citoyen 2016, semble davantage impulsé par la société civile que par les politiques ? Est-ce le cas ?

C'est l'une des originalités de ce troisième moment, en effet. Le Front citoyen est une initiative qui n'a pas été portée par les partis politiques, mais par les mouvements citoyens comme Lucha, Filimbi et des organisations de la société civile. Ensemble, ces derniers ont proposé aux partis politiques la création d'un front citoyen. Les partis politiques ont accepté, contribuant ainsi, au même titre que la société civile, à la constitution de ce front.

Quelles sont les grandes lignes de l'accord de Gorée ?

Dans cet accord, nous mutualisons nos ressources, nos moyens, nos intelligences, nos stratégies pour coordonner nos actions en vue d'atteindre deux objectifs principaux : l'organisation d'élections libres, démocratiques et transparentes dans les délais constitutionnels, c'est-à-dire avant la fin 2016, et l'obtention de l'alternance à la tête de l'État (application de l'article 220 de la Constitution qui interdit au président de la République de faire plus de deux mandats).

Pour les élections, quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés ?

Le report des élections, qui sous-entend la prolongation indue du mandat présidentiel, est de plus en plus mis en avant. Notre position sur ce point est claire : il faut mettre en œuvre un calendrier électoral et organiser dans les délais prévus deux scrutins qui sont constitutionnellement obligatoires : la présidentielle et les élections législatives nationales et provinciales. Sur cette base, nous demandons deux choses : la publication au 30 janvier 2016 au plus tard d'un nouveau calendrier électoral consensuel et réaliste, concentré sur ces deux scrutins, et, au plus tard le 10 février 2016, le démarrage des premières opérations électorales (enregistrement des électeurs).

La question d'un candidat commun de l'opposition n'est-elle donc pas dans votre agenda ?

Nous sommes un front citoyen. Les citoyens veulent que la démocratie puisse s'ancrer et avancer. Cela passe par les élections. Nous voulons exercer notre droit de choisir. Le choix ou non d'un candidat unique est l'affaire des politiques. C'est un autre débat qui n'est pas le nôtre.

Comment les relations entre les acteurs de la société civile et les partis politiques au sein du Front citoyen s'articulent-elles ?

Dans le contexte congolais d'aujourd'hui, il n'est plus possible d'exercer ses droits de citoyen comme le droit d'expression, d'opinion, de militer, etc. Pour preuve, certains d'entre nous sont en exil et, en RD Congo, deux de nos compagnons sont encore en prison. Nous avons donc dit aux politiques qu'avant de prétendre à un mandat quelconque il fallait que les Congolais puissent se réunir pour les entendre et savoir ce qu'ils proposent. Et donc rétablir un terrain de jeu praticable par tous. Restaurer l'espace démocratique et faire revivre l'État de droit, c'est à ce niveau que se situe notre point d'accord avec les politiques.

Comment mesurez-vous l'impact de vos propositions sur la population congolaise ?

Nous inversons la question. Nous n'existons que parce que les Congolais se sentent concernés. Des mouvements citoyens comme Lucha et Filimbi ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Nous savons que la population congolaise est prête et motivée. Elle veut davantage de démocratie et que les règles soient respectées. Cela se vérifiera dans les semaines et les mois à venir.

Il restait à relier et à fédérer ces consciences ?

Oui. Notre visibilité permet aux nombreux Congolais éparpillés dans notre grand pays d'identifier le point où ils peuvent se réunir et se connecter pour mutualiser leurs ressources et définir les actions à mettre en oeuvre. Nous ne servons qu'à cela. Nous sommes des passeurs, des accoucheurs de démocratie.

Inline image 1
Yangu Kiakwama et Franck Otete,  deux des leaders de Filimbi
RDC-Filimbi : "Le pouvoir de Kinshasa a peur de nous car on est insaisissable"

Traqué sans relâche par le régime en RDC, le mouvement citoyen congolais Filimbi fait actuellement trembler le pouvoir de Kinshasa. Les arrestations, en mars 2015, d’une trentaine de personnes lors du lancement officiel du collectif, né il y a trois ans, est encore dans les esprits. Son objectif : fédérer toutes les énergies positives et les bonnes volontés pour que la République démocratique du Congo sorte du bourbier dans lequel il se trouve et devienne enfin une nation prospère. Franck Otete, médecin, 40 ans, et Yangu Kiakwama, entrepreneur en agro-alimentaire, 39 ans, parmi les membres fondateurs de Filimbi, reviennent pour Afrik.com sur la genèse du mouvement. Rencontre.
Exilés en Belgique, depuis le 12 avril, pour fuir la répression, quand Franck Otete, chargé de la communication & stratégie du mouvement Filimbi (sifflet en swahili), et Yangu Kiakwama, porte-parole du mouvement, parlent de leur vision pour un changement dans leur pays, leurs yeux brillent. Le ton monte aussi très vite. Des conversations passionnées, teintées souvent d’humour à la congolaise et de grands éclats de rire. Les deux gaillards très complices, à qui il suffit d’un regard, d’une phrase, pour se comprendre, croient en un futur Congo prospère grâce à des citoyens impliqués et conscients de l’importance de leur rôle pour faire bouger les lignes. Pour cela, Filimbi vise trois objectifs : amener la population à comprendre ses droits, ensuite comprendre le fonctionnement du gouvernement et enfin comprendre leur capacité à influencer les institutions. Leur mouvement citoyen est un collectif, qui regroupe plusieurs associations de jeunes, dont la Lucha, mais également des activistes, artistes, entrepreneurs, cadres, etc. qui en partagent la vision. Filimbi est né de rencontres, d’échanges, entre des personnes de tous les horizons, C’est également dans ce cadre que Franck et Yangu se sont rencontrés, avec d’autres du collectif, tels que le coordinateur, Floribert Anzuluni, absent de la rencontre mais lui aussi exilé en Belgique. Après avoir fait le voyage de Bruxelles, ils ont tenu à dévoiler à Afrik, plus en détail, l’ADN de Filimbi, qui a des ambitions que selon, eux, le pouvoir de Kinshasa ne saisit pas. Interview.

Afrik.com : En mars 2015, votre conférence, en compagnie des mouvements citoyens Yen a marre et le Balai citoyen, a été violemment interrompue par les forces de l’ordre congolaises, qui ont arrêté une trentaine de personnes. Que s’est-il réellement passé ce jour-là ?

Yangu Kiakwama : Ce jour-là, une trentaine de soldats de la police militaire et une quinzaine de membres en civil des services de renseignements, ont débarqué à notre conférence de presse de lancement officiel. Munis de kalachnikov, ilsont commencé à arrêterles participants en demandant où se trouvaient les étrangers. Ils n’ont pas eu de mal à repérer nos amis de Yen a marre, Fadel Barro, Aliou Sané, Mallal, et Oscibi du Balai citoyen. Approximativement une trentaine voire une quarantaine de personnes ont été embarquées.

« Puisque le Président du Sénégal a passé un coup de fil à Kinshasa, ils ont dû lâcher du lest. Trois jours après, les frères sénégalais et burkinabè ont été libérés et les Congolais ont eux été libérés au compte-gouttes »

C’était à la fois brutal et désordonné. Nous qui étions parmi les organisateurs, les seuls vêtus de tee-shirts Filimbi, n’avons pas été arrêtés. Certains membres de la presse internationale et nationale ont également été arrêtés. Au début, ils les ont intimidés, Mais comme l’affaire a vite pris de l’ampleur et a été très médiatisée, ils ont dû lâcher du lest. Trois jours après, les frères sénégalais et burkinabè ont été libérés. Pour les Congolais cela s’est fait au compte-gouttes. Mais il y en a deux, Fred Bauma et Yves Makwambala, qui sont toujours en prison. C’est inacceptable. Tous, nous sommes accusés, entre autres, de : organisation terroriste, atteinte à la sûreté de l’Etat, atteinte à la vie du Chef de l’Etat, …

Mais vous attendiez-vous à une arrestation aussi musclée ?

Yangu Kiakwama : Nous nous attendions à une tentative d’intimidation suite au lancement du mouvement mais jamais à ce qu’ils interviennent de la sorte. On n’imaginait pas une telle brutalité d’état. Ils sont intervenus kalachnikov au poing. D’ailleurs Filimbi aurait pu être balayé sous la violence du coup. C’est le fait que notre organisation soit très solide, après l’avoir ficelée pendant des années, en silence, qui a valu sa survie.

Comment définissez-vous le mouvement Filimbi précisément ?

Franck Otete : Notre vision est que le Congo nous appartient à tous. Il faut donc donner l’occasion à chaque Congolais de contribuer à l’amélioration des conditions de vie au Congo. Nous sommes conscients que le Congo est composé en majorité de jeunes, qui constituent près de 60% de la population. Il faut par conséquent que la population comprenne quels sont ses droits, les mécanismes de l’appareil électoral, et qu’elle soit capable d’influencer les institutions et de garder un œil sur la politique générale du pays afin de voir si les engagements des politiques sont respectés. Nous voulons, à travers ce mouvement, que la population soit consciente qu’elle a la possibilité de prendre les choses en main et de permettre le changement dans le pays. Nous voulons que les jeunes aient la possibilité d’inscrire leurs idées, qu’ils soient acteurs du développement. Pour nous, quelles que soient les couches de la population : entrepreneur, intellectuel, artiste…, tout le monde, par sa propre initiative, est capable de contribuer au changement du pays.

Vous ne vous inscrivez-donc pas dans un mouvement de violence comme l’affirme le pouvoir ?

Franck Otete : Filimbi ne s’inscrit pas dans un cadre de violence. Mais il faut savoir que le potentiel de violence est là… Nous voulons, nous, transformer cette violence potentielle en action positive, toujours dans le respect de la constitution et des lois.

Que voulez-vous dire par-là ?

Yangu Kiakwama : Aujourd’hui, les jeunes en ont marre. Il y a vraiment un vrai mouvement de ras-le-bol ! Beaucoup de gens pensent que les jeunes Congolais sont passifs, qu’ils ne comprennent pas ce qui se passe dans leur pays. Mais les jeunes ont compris. Ils ne veulent plus que les autorités abusent de leur position pour mater le peuple. Ils réclament qu’il y ait un changement dans le pays, une amélioration de leur situation, que les gens soient bien scolarisés, qu’ils trouvent de vrais emplois, que les politiques soient capables de prédéterminer leur avenir.

« Nous n’avons pas créée ce mouvement en opposition à la société civile, à laquelle nous appartenons, ou aux partis politiques de l’opposition. Nous avons plutôt créé un cadre qui correspond le mieux aux aspirations de la jeunesse que les structures existantes ne parviennent plus à canaliser pour diverses raisons. »

Aujourd’hui, les gens en sont arrivés à un niveau très élevé de réflexion. Ils n’ont pas de parties prenantes classiques qui font le contrepoids face au pouvoir. Nous n’avons pas créée ce mouvement en opposition à la société civile, à laquelle nous appartenons, ou aux partis politiques de l’opposition. Nous avons plutôt créé un cadre qui correspond le mieux aux aspirations de la jeunesse que les structures existantes ne parviennent plus à canaliser pour diverses raisons. Comme il n’y a pas de cadre pour canaliser toute cette énergie, nous apportons ce cadre aux jeunes pour qu’ils puissent s’exprimer de façon démocratique et civique. Nous rappelons également que les responsables politiques sont les employés des citoyens. Nous citoyens sommes leurs patrons, on doit par conséquent être en mesure de leur demander de rendre des comptes.

Selon vous, actuellement, quelles sont les priorités en RDC face à une population excédée par les mauvaises conditions de vie ?

Yangu Kiakwama : Il faut une profonde réforme du système d’éducation car les gens qui ont été instruits représentent moins de la moitié de la population congolaise. Il y a un nombre important de jeunes qui sortent du système scolaire en primaire ou au secondaire sans avoir acquis de compétences réelles. Franck, qui est médecin, parle souvent de la catastrophe du système de santé dans le pays. La nutrition constitue un véritable problème car un enfant mal nourri entre zéro et cinq ans cela cause problème pour son développement. Il faut que les problèmes de gouvernance cessent et qu’à un moment donné qu’il y ait des personnes qui décident de mener des réformes, qu’ils aient une vision, un plan de prévision, qu’ils nous disent "voilà comment on va procéder" pour régler tel ou tel problème, qu’on sorte de l’impunité. Que les responsables fassent leur travail, s’ils ne le font pas, qu’ils soient sanctionnés ! On doit sortir du népotisme : le fils d’un tel, le neveu d’untel, ça ne prend plus. En mettant l’accent sur le respect des règles, des lois et des normes, le respect des droits des citoyens, on en arrive inévitablement au sujet polémique du troisième mandat.

Quelle est votre position sur cette question ?

Franck Otete : Nous défendons le strict respect de la Constitution et de toutes les lois de la République par tous les citoyens, par conséquent nous sommes fermement opposés à toute tentative de prolongation du mandat du Président actuel. Nous estimons qu’une alternance apaisée dans le strict respect de la Constitution permettra de poser les bases d’un Etat de droits et en définitive du développement de notre pays. Néanmoins, nous pensons également qu’au-delà de ça c’est le système tout entier qui doit être réformé.

Vous affirmez que la question du troisième mandat ou pas de Kabila n’est pas votre priorité, mais c’est quand même une question centrale que vous ne pouvez pas éclipser ?

Yangu Kiakwama : Nous ne l’éclipsons pas, mais ce que nous disons c’est que personne n’est au-dessus des lois, autant Kabila que tous les autres citoyens congolais. Les lois doivent être respectées par tous, sans exception ! Ce que nous voulons, c’est que ce système change et pour cela, il faut qu’on réflechisse à ce qu’on doit faire et comment on va le faire. Aujourd’hui, par exemple au Congo, on n’est pas capable de confectionner des chaises de qualité en bois alors qu’on est un pays forestier. Il y a donc un véritable problème.

Vous parlez beaucoup des différentes idées que défend Filimbi, quelles sont les actions concrètes que vous menez sur le terrain ?

Yangu Kiakwama : Nous allons voir les gens sur le terrain, de quartier en quartier, pour les conscientiser, leur expliquer par exemple les causes de leurs problèmes quotidiens, parce que parfois, on vit un problème mais on ne fait pas de lien avec la cause. Par exemple, à Kinshasa quand un enfant tombe malade, on parle souvent de sorcellerie alors que c’est souvent un problème d’assainissement accentué par le fait qu’il y a beaucoup de moustiques. Ça peut aussi être lié aux maladies comme la malaria. Sensibilisation, formation et encadrement de la jeunesse majoritaire afin qu’elle puisse véritablement jouer son rôle, voilà notre travail au quotidien.

« On ne prétend pas tout faire, ou avoir toutes les solutions. Mais on veut rassembler toutes les bonnes volontés et ceux qui veulent travailler pour que le développement ait lieu »

Yangu Kiakwama : On n’hésite pas aussi à mettre la main à la pâte, comme organiser des travaux d’assainissement, comme creuser des caniveaux, en impliquant les habitants. L’idée, c’est que chacun fasse sa part sur dix mètres de caniveau. Ces actions ont pour objectif de commencer à impliquer la jeunesse, l’objectif ultime étant de pouvoir influencer les décideurs afin qu’ils prennent des décisions qui permettront de résoudre les véritables problèmes des citoyens Et une fois qu’on a concrétisé ce type d’action, on est mieux outillé et en mesure donc de faire pression sur les responsables pour qu’ils fassent leur travail. Alors bien sûr, on ne prétend pas tout faire, ou avoir toutes les solutions. Mais on veut rassembler toutes les bonnes volontés et ceux qui veulent travailler pour que le développement ait lieu.

Le pouvoir vous considère toujours comme une organisation terroriste, dangereuse pour le pays et la jeunesse. Pourquoi lui faîtes-vous tant peur ?

Franck Otete : (Il sourit avant de répondre). Par ce que nous ne faisons pas partie du système et ils n’ont donc pas de contrôle sur nous. L’opposition et la société civile sont paralysées depuis des années, au Congo. Plus personne ne peut émerger normalement. Les gens deviennent opportunistes, et cherchent à se positionner ou à obtenir une survie. Ce qui fait que le gouvernement a la clé pour anticiper leur comportement. Il sait comment les orienter et les avoir dans son guet-apens. Le gouvernement joue au marionnettiste. La société civile et l’opposition deviennent comme leur marionnette et ils tirent les ficelles. Mais notre mouvement est comme une marionnette pour laquelle ils ont perdu les ficelles, car il y en a tellement de part et d’autre. Ils ne peuvent donc pas piloter ces marionnettes, car il y en a tellement. Ce sont en fait des marionnettes 2.0 ce qui fait qu’elles sont difficiles à saisir (rires). En fait, on a mis tellement de ficelles qu’ils ne savent pas laquelle prendre pour commander. Nous ne sommes pas en opposition aux autres groupes, nous les complétons.

Vous avez pensé à l’organisation du mouvement également par stratégie pour échapper au pouvoir. Concrètement, comment se présente-t-il ?

Yangu Kiakwama : Le collectif fonctionne de manière décentralisée à travers les différentes cellules qu’il développe. La principale mission de la coordination est de s’assurer que les actions entreprises par les différentes cellules au nom du collectif respectent sa Vision et ses objectifs. Par ailleurs la coordination apporte un support dans la conception, le suivi et l’exécution des projets, ainsi que dans la mobilisation des ressources. Il y a de nombreux mouvements citoyens qui prennent de l’ampleur en Afrique.

Qu’est-ce qui fait votre originalité ?

Franck Otete : Notre originalité est d’être en dehors du système et donc de bénéficier d’une certaine indépendance d’action. C’est ce qui fait l‘originalité du groupe. Ceux qui adhèrent à notre mouvement sont conscients que leur vie est en jeu. Nous avons des parcours tellement divers, directeurs d’entreprise, entrepreneurs indépendants, étudiants, journalistes,… Ce qui nous réunit, nous motive, c’est que nous nous engageons concrètement pour avoir, tous, une vie meilleure

Vous êtes financés par qui ?

Yangu Kiakwama : Dépendamment des projets, nous sollicitons des financements auprès des bailleurs de fonds disponibles dans le strict respect de la loi.

Quels sont vos rapports avec l’opposition congolaise, travaillez-vous en étroite collaboration avec elle ?

Yangu Kiakwama : Aussi bien des membres des ONG, du monde de l’entreprise, des habitants des quartiers, des membres de l’opposition comme de la majorité.

« Kinshasa c’est douze millions d’habitants, s’il y a une explosion de colère, ce serait une catastrophe, donc il faut qu’on évite cela. Filimbi sert aussi à ça »

Face à toutes ces frustrations sociales et au ras-le bol général de la situation du pays,ne craignez-vous pas un bain de sang ?

Franck Otete : Nous le craignons et les événements de janvier dernier font clairement apparaître ce risque. Aujourd’hui, on a besoin de canaliser cette énergie pour éviter cela en favorisant des actions non violentes dans le strict respect de la Constitution et des lois, c’est cela aussi notre objectif que les autorités n’ont vraisemblablement pas compris. Néanmoins, l’alternance dans le strict respect de la Constitution n’est pas négociable. La RDC n’a pas besoin de quelqu’un qui veut rester au pouvoir uniquement pour satisfaire son égo ou passer en force pour obtenir un troisième mandat. On ne va pas prendre le risque d’attiser un tel brasier au Congo juste pour un mégalomane ! C’est quelque chose qui ne doit même pas se passer, il n’y a pas de débat là-dessus. Rappelons que Kinshasa c’est douze millions d’habitants, s’il y a une explosion de colère, ce serait une catastrophe, qu’il faut éviter. Filimbi sert aussi à ça. Plutôt que de nous réprimer, le pouvoir devrait nous remercier car on transforme les crispations en énergie positive.

Quel impact réel a Filimbi auprès de la population ?

Yangu Kiakwama : La jeunesse congolaise semble de plus en plus se reconnaître dans le collectif et cela est encourageant. Filimbi progresse bien aujourd’hui. On peut dire que plusieurs centaines de personnes adhèrent à nos idées aussi bien en ville que dans les campagnes. Partout où un smartphone permet d’accéder à Facebook et internet, c’est possible. Le sujet n’est pas de dire qu’on a cinq mille adhérents ou autre, il nous suffit juste de cent personnes pour couvrir tout le pays et on peut effectuer des échanges. Après, on ne possède pas les gens, ce qui importe pour nous c’est que l’idée de Filimbi prospère, se diffuse, ce qui permettra de meilleures élections et des citoyens plus avertis.

Comment avez-vous vécu la répression de la manifestation de janvier contre un troisième mandat de Kabila. Les ONG parlent de 40 morts. Savez-vous où en est l’enquête ?

Yangu Kiakwama : Concernant les morts de janvier, l’enquête n’avance toujours pas. Il y a actuellement une répression de plus en plus forte au Congo. Plus nous approchons du délai constitutionnel pour la fin du mandat du Président, plus la répression s’accentue. Tous ceux qui dénoncent ce qui s’y passe sont arrêtés. Des gens meurent ou disparaissent jour après jour. Certaines personnes arrêtées, de passage en prison, nous disent avoir croisé des personnes détenues depuis cinq ans ! C’est pour cela que nous appelons les citoyens à travailler ensemble pour changer les choses.

Quelle est la position de Filimbi sur la question du conflit de l’est de la RDC, qui dure depuis une vingtaine d’années ?

Franck Otete : Le fait que les responsables ne rendent pas de comptes doit cesser. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, Kabila a promis la stabilisation de cette région, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Notre position sur cette question est la même que celle du docteur Mukwege, réparateur des femmes violées, qui estime qu’aussi longtemps qu’on n’aura pas exposé les causes, on ne peut pas sortir de ce conflit. Il faut agir sur les causes profondes qui sont directement liées à l’inexistence d’un Etat digne de ce nom (armée, services de sécurité, administration, etc.).

« Une population a le droit de vivre dans la paix. Les autorités en place sont des employés de la population. Il faut faire en sorte que les responsables soient capables de rendre des comptes »

Franck Otete : C’est très grave les problèmes que causent les viols que subissent ces femmes. Elles sont affaiblies, psychologiquement certes, mais physiquement aussi. Une population a le droit de vivre dans la paix. Les autorités en place sont des employés de la population. Il faut faire en sorte que les gens responsables soient capables de rendre des comptes.

x

Qui sont les principaux responsables de ce conflit, selon-vous ? La communauté internationale, elle-même, ne doit-elle pas être pointée du doigt pour son silence alors qu’elle sait parfaitement ce qui se trame dans l’est du pays ?

Yangu Kiakwama : La cause principale est pour nous, c’est l’inexistence de l’Etat, du fait d’un leadership faible. Nous les Congolais sommes les premiers responsables. L’attitude de tous les autres acteurs découle de celle de l’état congolais. Si les responsables politiques faisaient leur travail en responsables, si la gouvernance était meilleure, la situation serait meilleure. Mais les politiques ont abandonné cette région., Je donne toujours en comparaison l’exemple d’une famille où il n’y a que des belles filles. Si les parents n’ont aucune exigence envers leurs enfants, si n’importe quel garçon du quartier peut entrer et sortir comme il veut dans la parcelle, il ne faut pas s’étonner qu’une des filles tombe enceinte… Chacun doit assumer sa part de responsabilité ! Les garçons du quartier sont certes des voyous, mais qu’avez-vous fait pour les empêcher d’agir. Il y a aussi la responsabilité des pays voisins qui, pour des intérêts politiques hégémoniques, ne respectent pas les principes élémentaires de bon voisinage.. Au final, on doit se tourner vers ce père et cette mère pour leur demander ce qu’ils ont fait pour empêcher les voyous du quartier d’agir. Même si la MONUSCO a des responsabilités, on ne va pas tout imputer à la MONUSCO. Le problème, c’est la gouvernance. Il y a eu trois propositions de réforme des services de sécurité dans notre pays, à ce jour aucune n’a abouti. L’Etat se trouve toujours incapable de réduire la violence qui sévit à l’Est du pays. Par contre, envoyer des soldats, arrêter des gens dans des conférences, ça ils savent faire !

SOURCES: 


Mgr Emmanuel Kataliko

Inline image 1
Mgr Emmanuel Kataliko
IN MEMORIAM
<< 4 Octobre 2000, après un exil de 7 mois et deux jours, notre bien aimé Pasteur et digne fils de la RDC, Mgr Emmanuel Kataliko, meurt à Rome, épuisé par un long combat pour la Paix, la Justice et la Dignité pour tous, dans notre pays et dans la Région. 

En ce jour nous célébrons le 16e anniversaire de la mort de ce grand homme de Dieu et compatriote digne de ce nom. Nous serions ingrats à ne pas nous rappeler de lui et de son combat. Relire aujourd’hui ses messages à nous les chrétiens de la RDC, aux amis accros au pouvoir et aux puissants de la Région des Grands Lacs et ceux du monde, nous montre qu’on ne peut suivre le Christ crucifié et mener une vie « apolitiquement tranquille ». La suite du Christ incite au courage !
Qu’avons-nous fait de son héritage ? Voilà une question qui me vient à l’esprit au moment où nous avons à faire comme congolais « non à une agression extérieure, mais à une crise politique entretenue par un groupe de congolais pour leurs profits et au dépens de notre dignité ». Saurions-nous être courageux aujourd’hui comme Kataliko et dire la vérité aux manipulateurs de notre Loi Fondamentale ? Saurions-nous dénicher les anciens traitres-rebelles aujourd’hui convertis en patriotes – certainement opportunistes et confortablement inféodés au pouvoir chez nous? Comme Église, saurions-nous dire non clairement au mensonge des « Césars » de Kinshasa ? Voilà pourquoi cette commémoration revêt tout d’un « un souvenir dangereux » ! Ceux qui nous veulent esclaves n’aimeraient pas que nous nous rappelions du combat de Mzee Kataliko. Et pourtant, la voix de notre bien aimé Emmanuel Kataliko retentit plus que jamais dans nos consciences et nous trouble. Elle rend problématique notre accommodation avec tout régime politique non respectueux de valeurs démocratiques ! >>


Bogart Kabongo

Inline image 1
Bogart Kabongo
Lives in Cape Town, South Africa
* Current employer: Loot Online (Pty) Ltd
* Previous employment: 
SOS SECURITY SYSTEMS LTD, Jil Telecom,The Mormots
Higher Education: Institute of Medical Techniques
– Political activist and trained human rights advocated. 
– Active in Synergy Congo for Development and Cultures
– Involved in Evangelical mission of freedom
Self-intro:
Bogart Kabongo is my name. I was born in the Democratic Republic of Congo.
I am an active church member with  talents for reaching and singing.
Some of my people calls me Prophet Béni Timothée Kabongo because of what God has done trough me.
Early on, I decided to combine my schooling with politic activities to promote human rights in the DR Congo where tyranny has taken hold and caused death as well as misery to millions.
I took up courses at Jimmy Carter Center in Kinshasa DRC and became a qualified Human Rights activist.

Jean-Marie Vianney Kabukanyi

Inline image 1

Jean-Marie Vianney Kabukanyi,  secrétaire général adjoint de l'UDPS

29 07 12 Afrikarabia – L’UDPS dénonce l’arrestation de son secrétaire général adjoint

Le principal parti d’opposition de République démocratique du Congo (RDC), l’UDPS, accuse la police d’avoir enlevé Jean-Marie Vianney Kabukanyi. Le secrétaire général adjoint du parti d’Etienne Tshisekedi aurait été interpellé samedi 28 juillet 2012 à son domicile et emmené « vers une destination inconnue ». Jean-Marie Vianney Kabukanyi avait conduit le 25 juillet la délégation de l’UDPS à l’ambassade de France pour demander la « délocalisation »  du XIVème sommet de la Francophonie prévu à Kinshasa à l’automne.

Dans un communiqué, l’UDPS, le parti de l’opposant Etienne Tshisekedi  dénonce l’arrestation de son secrétaire général adjoint, Jean-Marie  Vianney Kabukanyi samedi 18 juillet par la police congolaise.

 

Le cadre  de l’UDPS aurait été arrêté « vers 23h45 à son domicile en compagnie de  son jeune frère ». Le parti d’opposition affirme que Jean-Marie Vianney  Kabukanyi et son frère « ont été emmenés vers une destination inconnue »  et dénonce « une arrestation arbitraire ».

Jean-Marie Vianney  Kabukanyi, chargé des questions administratives à l’UDPS avait conduit  la délégation de son parti à l’ambassade de France à Kinshasa pour  demander la « délocalisation » du XIVème sommet de la Francophonie prévu à Kinshasa en octobre 2012. Une pétition avait été déposée pour la venue  en RDC de la ministre française chargée de la Francophonie, Yamina  Benguigui. La ministre avait confirmé la tenue du sommet dans la  capitale congolaise sans confirmer la présence du chef d’Etat français,  François Hollande. L’opposition, qui conteste la réélection du président Joseph Kabila lors des élections de novembre dernier, demande à  François Hollande de ne pas venir « légitimer des élections  frauduleuses ».
Cette interpellation intervient également 1 mois  après la « disparition » d’un autre opposant congolais, Eugène Diomi  Ndongala, le président de la Démocratie chrétienne (DC). Accusé de viol  sur mineures par la police, ses proches affirment qu’il a été enlevé par des hommes armés, alors que les autorités congolaises le considèrent en cavale. Son parti dénonce une « cabale » politique (…) « pour le faire  taire définitivement ». 
Christophe RIGAUD

Inline image 2


SOURCE: https://democratiechretienne.org/2012/07/30/ludps-denonce-larrestation-de-son-secretaire-general-adjoint-amene-vers-une-destination-inconnue/

Dr. Samuel Maina

Inline image 1

Consultant Orthopedic Surgeon 

Dr. Samuel Maina is an orthopedic surgeon at CURE Malawi. He did his medical training at the University of Nairobi before proceeding to Makerere University in Kampala, Uganda, for his residential training in Orthopedics and Trauma. He capped it all off with a fellowship in orthopedics and trauma from the College of Surgeons of East, Central, and Southern Africa.

Samuel lives in Blantyre, Malawi with his wife, Tabitha, and their three children. Prior to his residential training in orthopedics, he worked as a medical officer in orthopedics at CURE Kenya. His passion is serving the less privileged that are more often ignored by the society.

Dr. Nicholas Lubega

Inline image 1

Consultant Orthopedic Surgeon 

Dr. Nicholas Lubega is an orthopedic surgeon at CURE Malawi. Nicholas received both his undergraduate and postgraduate medical training at Makerere University in Kampala, Uganda, and joined CURE immediately after his postgraduate training in orthopedics. He later completed a trauma fellowship at Pretoria Academic Hospital in South Africa.

Nicholas is married to Susan; they have three children. He loves teaching and is an honorary lecturer at the University of Malawi, Department of Surgery. He also serves on the AO Africa Social Economic Committee steering body, an international surgeons organization dedicated to improving trauma care and surgical education around the world.

SOURCE: https://cure.org/staff/nicholas-lubega/#more-181505

Scrivin Kamanga

Scrivin-Kamanga_1230

Scrivin Kamanga

Human Resources Director 

Scrivin Kamanga serves as Human Resources Director at the Beit CURE International Hospital in Blantyre, Malawi. He graduated from African Bible College in Lilongwe, Malawi, in 1997 with a bachelor’s degree in Biblical Studies and a minor in Radio Communication. Immediately after graduation, he worked for the Evangelical Association of Malawi (EAM) on a voluntary basis as Communications Officer for three years while serving as an associate pastor in his church. As a trained radio personality, Scrivin then joined Trans-World Radio as a producer and presenter in 2000. Later, Trans-World Radio moved him from Lilongwe to Blantyre to set up its FM network. It is here that he worked as producer, presenter, reporter, and news reader before rising to the position of Station Manager.

While working at the radio station, Scrivin also served as a part-time pastor in his Church. He then left Trans-World Radio and became a full-time pastor. While serving as a pastor, his bishop recommended him to Global Ministries and Relief to set up a Bible Institute in conjunction with a missionary from the USA. He served the Institute as its administrator and lecturer until January 2007. In March 2007, Scrivin joined CURE Malawi as Spiritual Director.

In 2014, Scrivin completed a masters degree in Strategic Management from the University of Derby, and in 2016 he transitioned to the position of Human Resources Director at CURE Malawi.

SOURCE: https://cure.org/staff/scrivin-kamanga/#more-176830

Rob Brown

Inline image 1

Rob Brown

Executive Director of CURE in  Malawi
Rob, his wife Davina, and their family had lived in Blantyre, Malawi, for 8 years prior to joining CURE in 2013. A chartered accountant by training, Rob has with over 20 years of experience in the finance, accounting, and NGO sector. Prior to moving to Malawi, Rob oversaw financial operations for a church-based non-profit in South Africa. Rob and Davina have four busy children and enjoy living near extended family in Malawi, even while they call the UK “home.”

Dr. Chomora Mikeka

 Inline image 1
Dr. Chomora Mikeka is a young professor holding a PhD from the Division of Physics, Electrical and Computer Engineering at Yokohama National University, Japan. His PhD research was about power autonomous sensor radio based on cellular and digital TV RF energy harvesting. He has vast experience on research in ICT for agriculture, health and education. He is an innovator and has collaborated in the design, simulations and fabrication of an ultra low power DC-DC buck boost converter with regulated output for less than a milliwatt RF energy harvesting used in modern day communications devices. This was done with colleagues in Spain. He has held a Lecturer position at the Graduate School of Information Technology (Kobe Institute of Computing), training
30 African participants on Problem Resolution for Development Issues by Information and Communication Technology (ICT) *(J11-30012 )* (a JICA funded project).
Apart from being a lecturer, Dr. Chomora Mikeka coordinates the e-Communications Research Group (eCRG) on several research topics and projects, one such being on TV White Spaces Technology for Broadband Rural-Connect in Malawi. In 2013, this unit became the Center of Excellence in the country on ICT as awarded by the National Commission of Science and Technology.  Dr. Mikeka has several Awards including the 2009 European Microwave Association Student Challenge Prize in Rome (Italy). He won the 2011 IEEE RWW, Biomedical Radio and Wireless Technologies, Network and Sensing Systems Second Best Paper Award in Phoenix, Arizona (USA). He won the IEEE RFID-TA 2011, Third Best Paper Award in Sitges, Barcelona (Spain). He won the 2010 Yokohama National University International Science Exchange Encouragement Award in Yokohama (Japan). He is the 2014 – 2019 Junior Associate of the International Center for Theoretical Physics (ICTP) in Trieste, Italy. His biography is included in the 27th edition of Marquis Who's Who in the World. He is the Laureate of IBC TOP 100 ENGINEERS in 2010.

JACKIM MATARA NYAMARI

;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:normal;word-spacing:0px;margin:0px;padding:0px;color:rgb(51,51,51);font-family:helveticaneue,helvetica,arial,sans-serif;font-size:16px”>


Jackim Matara Nyamari holds a Bachelors of Science degree in Environmental Health, a Masters of Philosophy (M.Phil) in Environmental Health and Ph.D in Environmental Health.  He is a lecturer and consultant in Public Health and is committed to students’ learning and progress. His research interest include: Food Safety, Injury Prevention and Environmental Epidemiology.