Tharcisse Tshibangu

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Monseigneur Tharcisse Tshibangu est né à Kipushi, dans l’actuelle province du Katanga en République Démocratique du Congo, le 23 avril 1933. Les parents de Tharcisse sont de Gandajika, dans la province du Kasaï Oriental.

Le jeune Tharcisse accomplit ses études primaires dans sa ville natale (Kipushi) auprès de la paroisse Sainte Barbe et cela de 1939 à 1944. Il poursuit ses études secondaires et les humanités gréco-latines au petit séminaire de Kapiri-Kakanda. Celui-ci était dirigé par les pères bénédictins (1945-1951). Poursuivant le cursus en vue du sacerdoce, Tshibangu va aller étudier au grand séminaire de Baudouinville (1951-1957), aujourd’hui Moba. Il va étudier la philosophie et la théologie. Ce grand séminaire était tenu par les Missionnaires d’Afrique qu’on appelle habituellement Pères Blancs.
Avec l’accord de son Évêque, le jeune séminariste Tshibangu va devoir aller à Kinshasa poursuivre ses études universitaires. Ce sera à l’Université Lovanium de Kinshasa où il va obtenir une licence en théologie (1957-1959). À l’heure où le Congo-belge se prépare à l’indépendance, Tharcisse est ordonné prêtre le 09 août 1959 et ceci pour le compte de l’Archidiocèse de Lubumbashi. C’est aussi en cette époque que le jeune prêtre commença à approfondir la question de la possibilité d’une théologie africaine. Le débat épistémologique avec son professeur, le chanoine belge A. Vannest donna lieu à des recherches approfondies sur la possibilité d’une théologie proprement africaine et scientifique.
Toujours en accord avec son Ordinaire, il va devoir aller en Belgique pour continuer ses recherches théologiques à l’Université Catholique de Louvain. La première étape est le doctorat en théologie (1961-1962) avec une thèse sur Melchior Cano : « Melchior Cano et la théologie positive ». La seconde sera le « Magistère» en théologie, c’est-à-dire l’Agrégation de l’enseignement supérieur (1962-1965). Ces études seront couronnées par une thèse : « Théologie positive et théologie spéculative Position traditionnelle et nouvelle problématique ».
Le Pape Jean XXIII nomme le jeune Maître en théologie Expert au Concile Vatican II et plus tard, son successeur, le Pape Paul VI, le nomme son Prélat (août 1966).
Ayant découvert les talents du jeune prêtre Tharcisse Tshibangu durant le déroulement du Concile Vatican II, le Cardinal Joseph Albert Malula, ne va pas perdre l’occasion d’avoir à ses côtés, comme proche collaborateur, ce jeune pasteur brillant. C’est ainsi que le Pape Paul VI va le nommer Évêque Auxiliaire de l’Archidiocèse de Kinshasa. Le 06 décembre 1970, il sera consacré Évêque. Il va s’occuper de la pastorale de la Région Apostolique Kin-Ouest (1980-1991). Après la mort de Tata Cardinal Malula, Monseigneur Tharcisse sera, de 1991 à 1992, le Vicaire Générale ayant tous les pouvoirs sur l’Archidiocèse de Kinshasa. En 1992, le Pape Jean-Paul II le nomme Évêque du diocèse de Mbuji-Mayi.
Il va occuper les nombreuses hautes responsabilités au niveau national et international. L’homme des sciences et Pasteur Congolais Tharcisse Tshibangu Tshishiku a reçu plusieurs titres (Doctorat Honoris Causa en 1977 – Université des Sciences humaines de Strasbourg en France) et participé à plusieurs rencontres à caractère scientifique, ecclésiastique et académique.
À côté de cette vie intellectuelle riche et profonde, Monseigneur Tshibangu est un grand homme spirituel. Depuis déjà le séminaire, il pensait à une forme de vie de consécration dans le monde. Les années passées à côté de ses aînés Joseph Albert Malula et Eugène Moke Motsuri (l’autre Évêque Auxiliaire de l’Archidiocèse de Kinshasa), ont été pour lui, un temps d’approfondissement de l’intuition de cette forme de consécration séculière. Aux contacts avec des prêtres, frères, sœurs et des nombreux laïcs (jeunes et adultes), il eu l’occasion d’échanger, de partager avec eux cette forme de consécration. Le Concile Vatican II, va donner à cette nouvelle forme de consécration, sa configuration juridique : Perfectae caritatis 11 : « Les instituts séculiers, bien qu'ils ne soient pas des instituts religieux, comportent cependant une profession véritable et complète des conseils évangéliques dans le monde, reconnue comme telle par l'Eglise. Cette profession confère une consécration à des hommes et à des femmes, à des laïques et à des clercs vivant dans le monde. Par conséquent, il faut qu'ils tendent avant tout à se donner entièrement à Dieu dans la charité parfaite et que leurs instituts gardent le caractère séculier qui leur est propre et spécifique afin de pouvoir exercer partout et efficacement l'apostolat dans le monde et comme du sein du monde, apostolat pour lequel ils ont été créés. Qu'ils sachent bien cependant qu'ils ne pourront accomplir cette tâche que si les membres reçoivent une solide formation dans les choses divines et humaines afin d'être vraiment dans le monde un levain pour la vigueur et l'accroissement du Corps du Christ. Que les supérieurs veillent donc sérieusement à ce qu'une formation, surtout spirituelle, leur soit donnée et se poursuive ultérieurement » et les canons 710-730.
Le 25 mars 1984, initia l’expérience ad experimentum de l’Institut Séculier Saint Jean-Baptiste dans l’Archidiocèse de Kinshasa, avec la bénédiction de Son Éminence le Cardinal Joseph Albert Malula. Cet Institut est sacerdotal et laïcal. Il compte deux branches : masculine et féminine, et un groupe des membres Associés. Monseigneur est aujourd’hui le Fondateur et Modérateur Suprême de cet Institut, érigé canoniquement dans le diocèse de Mbuji-Mayi. Un des grands collaborateurs (Modérateur-Adjoint) de Tatu Tharcisse, dans cette œuvre de Dieu, nous a quitté très tôt. Il s’agit de notre Très Révérend Père Jésuite René De Haes, d’heureuse mémoire.
En 2009, notre Institut avait totalisé 25 ans de vie depuis sa fondation. Félicitations à Tatu Tharcisse Tshibangu Tshishiku ! Courage et bon cheminement à tous les baptistins et baptistines ! Que la Bienheureuse Vierge Marie, Notre Mère du ciel intercède pour nous. Que le Bienheureux Isidore Bakandja et la Bienheureuse Anouarite prient pour nous et pour notre République Démocratique du Congo. Le sang de notre Papa, ami et frère René De Haes, versé sur notre terre congolaise et africaine, nous apporte santé, paix, réconciliation et justice.
Évêque émérite du diocèse de Mbuji-Mayi (depuis le 1er août 2009, Tatu Tharcisse continue encore, à servir fidèlement, avec le sens de responsabilité qui l’a toujours caractérisé, notre grand et beau pays la République Démocratique du Congo et l'Afrique. Il est comme l’homme dont nous parle le psaume 1 : « Heureux l'homme qui ne prend pas le parti des méchants, ne s'arrête pas sur le chemin des pécheurs et ne s'assied pas au banc des moqueurs, mais qui se plaît à la loi du SEIGNEUR et récite sa loi jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près des ruisseaux : il donne du fruit en sa saison et son feuillage ne se flétrit pas ; il réussit tout ce qu'il fait »
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