Jean Bosco Ndungo Manzekele

Inline image 1

Jean Bosco Ndungo Manzekele


Jean Bosco Ndungo Manzekele est un entrepreneur agropastoral. Depuis son enfance, il a toujours rêvé de pratiquer l’agriculture professionnelle. Son rêve est en train de se concrétiser après avoir fait la photographie et le commerce ambulatoire en ville de Butembo.

Ngebo, en périphérie du quartier Bukano en cité de Lubero, chef-lieu du territoire du même nom. Sur son lopin de terre, Jean Bosco Ndungo Manzekele, casquette sur sa tête, donne quelques instructions à ses travailleurs. Ici, depuis 2010, l’homme dispose de 38 hectares pour faire l’agro-business. Sa ferme est divisée en deux. 25 hectares pour l’agriculture et le reste pour l’élevage. Ce matin de vendredi, l’agronome Roger Kalyoto, l’un des 9 agents permanents de cette ferme, applique le fongicide sur des plants de pomme de terre d’un mois. Sur un champ de 25 ares, deux variétés y ont été plantées. Valimunzigha I et Kaniki ont été obtenues à Bikara où il y a un multiplicateur semencier. Jean Bosco voudrait aussi devenir multiplicateur semencier afin d’approvisionner les paysans de la région de Lubero en semences de qualité car, ici, s’observe la dégénérescence des semences des variétés locales. Pour cela, et c’est une demande à IFDC, Jean Bosco Ndungo Manzekele se propose de cultiver sous serre pour la macro-propagation.

De la photographie à l’agro-business

Fils de cultivateur, Jean Bosco Ndungo Manzekele rêve d’agriculture dès son jeune âge. Après la pédagogie générale à l’institut Lwanga de Mulo, il s’installe à Butembo. Là, il embrasse la photographie et le commerce. Afin de ne pas couper le cordon avec son rêve, il cultive le haricot sur les parcelles qu’il achète avec le bénéfice de ses activités commerciales. « Depuis l’année 2000, je rêvais de pratiquer une agriculture professionnelle. Ce qui est fait car cette année, je convertis mes parcelles urbaines en grands champs en milieu rural. En 2005, je m’abonne à Spore, le magazine bimestriel du CTA, conseil technique agricole et rural. Dans chaque numéro de ce magazine, je trouvais suffisamment d’inspiration et de motivation pour aller de l’avant en lisant les témoignages des autresagriculteurs.Et du journal Wakulima Amkeni je trouve des expériences des agriculteurs de la région », affirme-t-il. Ainsi, en 2010, dans le même magazine, il tombe sur un article traitant d’agrobusiness. Ce qui le pousse à convertir toutes ses activités en activités agropastorales. Après avoir lu un article sur la chaîne de valeur, il se procure une unité de transformation de farine de maïs. Le maïs usiné vient de son propre champ ou de ceux des membres de l’association de développement pour l’alimentation au Kivu, ADAK, dont il est membre fondateur. Sur leurs champs, les membres de cette association pratiquent la rotation des cultures non sans difficulté car faisant usage du « livre sans maître ».

Apport d’IFDC

En août 2014, déclic. A la foire agricole, à Butembo, où il expose sa farine de maïs, Jean Bosco Ndungo Manzekele est touché par les exposés sur l’agro-business. Selon lui, les agents d’IFDC parlaient d’agriculture plus professionnelle avec la gestion intégrée de la fertilité du sol. Une solution facile à appliquer tant il dispose de fumier à volonté grâce aux nombreuses bêtes qu’il élève sur ce sol de Lubero qui a vieilli. A Ngebo, il a 34 chèvres de race améliorée, 39 à Musokya/Mulo, 50 à Kitunze/Mambasa ou encore 30 à Mutundi I/Musienene. Avec 5 porcs sur ses 4 stations à côté de 86 vaches, il élève bovins, caprins et porcins pour avoir un accès facile au fumier et approvisionner la ville en viande. Comme il lui est permis de rêver, Jean Bosco Ndungo Manzekele projette de produire du fromage de vache et de chèvre. Pour cela, l’un de ses techniciens a suivi 2 fois une formation à Bukavu sur le plan d’affaire et le plan financier dans le cadre du programme « shape and lead » d’IFDC. A Ngebo, aussitôt plantée, la pomme de terre est traitée pour lutter contre le mildiou. Ici, on utilise le tripsacum comme fourrage et comme haie antiérosive. Tsutsanga Farm, son entreprise, entend rayonner à l’horizon avec la collaboration d’IFDC. En attendant, il faut transmettre le savoir. Des paysans louent des parcelles ici, des sortes de champs-écoles où ils bénéficient des conseils de l’agronome. Le paysan coupe le fourrage, le donne au vétérinaire qui en produit la bouse avec l’élevage. La bouse est ensuite remise au paysan comme engrais organique. S’il y a des travailleurs permanents, il y a aussi des temporaires comme ces 3 jeunes filles, élèves à l’institut Tuadibishe de Mulo, travaillant dur pendant ces grandes vacances pour financer leurs activités scolaires.

Article de Jean-Baptiste Musabyimana

SOURCE: http://agriprofocus.com/profile/5764

Leave a Reply