Jacques Tshimbombo Mukuna

 
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Jacques Tshimbombo Mukuna

Jacques Tshimbombo Mukuna, homme politique congolais

Par Jacky Mopipi, Congoindépendant – 10/03/2010

Exilé en belgique, c'est à Bruxelles qu’il créé son parti politique, l’Union pour le renouveau républicain

 

En 1974, Jacques Tshimbombo Mukuna achève des études en sciences du travail à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Il est aussi dirigeant-adjoint de la JMPR (Jeunesse du Mouvement Populaire de la Révolution) dont le bureau était implanté à l’Ambassade du Zaïre à Bruxelles, dirigée à l’époque par l‘ambassadeur Inonga Lokongo L’Ome. Notons que Nzanda Buana Kalemba était le dirigeant de la JMPR/Belgique. Cette année-là, l’avocat progressiste belge Jules Chomé présente, à Bruxelles, son dernier ouvrage intitulé «l’ascension de Mobutu : Du sergent Joseph-Désiré au général Sese Seko». Ce livre provoque l’ire des autorités zaïroises qui exigent au gouvernement belge d’en interdire la diffusion, comme en France. Conscient que la réaction de Kinshasa est une publicité inespérée pour son bouquin, Chomé organise une série de conférence promotionnelle notamment à Liège et à Bruxelles.

C’est dans la capitale belge que l’attendent les membres de la «jeunesse mobutiste» pour croiser le fer. A peine qu’il a ouvert la bouche, le conférencier est aussitôt pris à partie par une assistance composée en majorité des Zaïrois. Injures, quolibets et chahuts fusent. Chaises et tables volent dans la salle. Le désordre est total. C’est le moment choisit par Alphonse Nsuka, tenancier d’un estaminet dans le quartier chaud de Matonge, pour administrer une gifle magistrale à l’avocat. A l’arrivée de la police, Jacques Tshimbombo se présente comme seul responsable de ce tohu-bohu. Il est aussitôt appréhendé. Il sera libéré dès le lendemain après une intervention énergique de l’ambassadeur zaïrois.

 

La nouvelle a fait le tour de Kinshasa et la JMPR/Belgique a été congratulée par le «P.F» (Président-Fondateur) pour le "patriotisme" dont elle a fait montre. Quelques jours plus tard, Tshimbombo est reçu au Mont-Ngaliema – cabinet du président de la République – avec les honneurs dignes d’un héros. Un poste de chargé de mission à la Présidence lui est attribué en récompense de sa «bravoure». C’est le point de départ d’une carrière politique qui va durer près de deux décennies. Elu commissaire du peuple (député) en 1982, «Tshim», comme l’appellent ses amis, fait son entrée au gouvernement, en 1983, en qualité de secrétaire d’Etat à la mobilisation, propagande et Animation politique. Gouverneur de la ville de Kinshasa, de 1984 à 1986, Tshimbombo est promu par la suite commissaire d’Etat (ministre) en charge de la Jeunesse du MPR, sports et loisirs.

Au lendemain de l’avènement du multipartisme, le 24 avril 1990, "Tshim" fait son entrée, en qualité de conseiller politique, dans le proche entourage du président Mobutu. Il faut dire qu’en quête de positionnement, la plupart des collaborateurs du chef de l’Etat d’alors avaient déserté le "navire MPR". La nature ayant en horreur le vide, Jacques a su gagner, peu à peu, la confiance de Mobutu, au point d’incarner, à tort ou à raison, "la voix de son maître". Lors des travaux de la Conférence nationale souveraine (CNS), Tshimbombo est accusé par certains "conférenciers" d’avoir soudoyé les délégués de la province du Haut-Zaïre (Province orientale). Certains de ses détracteurs l’ont affublé du surnom infamant d’«aumônier national». Dans un magistral "droit de réponse", Jacques Tshimbombo a brocardé certains politiciens qui font mine d’être dans l’opposition le jour avant de se retrouver tard la nuit à Kawele à la table du président Mobutu. "Ces politiciens, martela-t-il, se comportent en tigre, le jour, avant de se muer en agneau à la tombée de la nuit".

En 1996, Tshimbombo est nommé à la tête du SNIP (Service national d’intelligence et de protection), rebaptisé "Sûreté nationale". En octobre de cette même année, on assiste au déclenchement de la guerre dite des "Banyamulenge" avec la participation notamment des armées rwandaise et ougandaises. Après la prise du pouvoir par l’AFDL le 17 mai 1997, Jacques, à l’instar d’autres dignitaires de l’ancien régime, prend le chemin de l’exil. Un exil qu’il passe entre l’Afrique du Sud et la Belgique. C’est à Bruxelles qu’il créé son parti politique, l’Union pour le renouveau républicain (URR). Né le 12 juin 1946, Jacques Tshimbombo Mokuna Mutetela wa Dishe a été élu sénateur, à Kinshasa, en janvier 2007.

SOURCE: Congoindependant.com et http://www.journaldekin.com/article.php?aid=69

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